La juste place de la femme dans la société ? Comment répondre, Yasmine, à ce trop vaste sujet, car quel sens donner à ce « juste place » ?
Sans doute juste place peut être traduit par place ajustée, comme « au bon endroit » En évoquant les multiples situations des femmes en France aujourd’hui, en puisant aussi aux sources de celles qui nous ont précédées.
Quel serait donc ce bel équilibre à trouver pour une femme dans le champ de la sphère publique? Serait-elle si différente de la sphère privée. ? A qui et comment emprunter ce chemin compliqué mais nécessaire à notre épanouissement? Dépend-il de nos convictions, de notre culture de notre roman familial ? Doit-on pour cela, Yasmine, parfois renoncer à nos propres désirs, renoncer à des avantages, se méfier de notre entourage ?
Apporter sa « pierre »
Accorder de l’intérêt aux valeurs élaborées au cours des siècles peut nous enthousiasmer jusqu’à la fascination.Par leur nombre et leur diversités, autant que par leur caractère particulier. C’est le combat de quelques unes, chevronnées, courageuses et déterminées qui ont ouvert des chemins d’émancipation, de liberté ou d’abnégation à travers l’histoire. Chacune a mis sa « pierre » à la construction de la société. A sa façon, originale, les unes dans la douleur du combat, des armes ou du savoir, certaines dans la prière, et par leur foi… La femme est-elle toujours prête a relever le défi ?
Les livres d’histoire racontent souvent les luttes acharnées, revendicatrices pour sortir du pouvoir de l’homme sur sa femme, mais aussi les sacrifices quotidiens des mères pour leurs enfants. Peut-être pourrait-on s’attarder sur cet élément primordial : chaque femme, apporte d’une manière unique sa contribution. Même dans la Bible on retrouve dans le livre de Daniel, (Dan 13) le combat d’une femme Suzanne contre les propositions malhonnêtes de deux vieillards.
En France, l’histoire fait souvent mémoire du combat de Ste Geneviève à Paris contre les Huns, au 5eme siècle et plus récemment de Jeanne d’Arc au moment de la guerre de cent ans.
Une révolution sur la place de la femme
Il semblerait que toutes les cultures ne soient pas au même diapason : entre les sociétés occidentales extraverties sur tous les plans et certaines cultures orientales où les femmes ne sont qu’esclaves, le fossé est désespérant : où se situer, c’est un peu le sens de ta question j’imagine Yasmine, car non seulement les cultures diffèrent mais aussi les religions, or certaines ont façonné des modèles.
En Orient, tu peux lire, Yasmine, les parcours fascinants de douze femmes d’exception qui ont marqué leur temps à des époques différentes :
En Occident : le 20ème siècle marque l’expansion de la reconnaissances de la femme dans la société : Marie Curie, fut une figure emblématique pour l’essor des femmes aux premiers plans.
La femme dans le Christianisme, une révolution.
Ce fut le christianisme dès sa naissance, qui amorça pourtant une vraie révolution pour la femme.
Déjà dans la bible la Création annonce l’égalité de la femme et de l’homme (Gn2)
Elle ne fut que de courte durée. La loi de Moïse apporta un certain allègement du pouvoir de l’homme sur la femme : pour contrer la polygamie, les lois sur la répudiation donnait un certain statut qui était censé protéger la femme répudiée. Mais ce fut Jésus qui apporta une vraie révolution :
-Il s’entoure de femmes de tout milieux, il les délivre du soupçon, de femme impure, séductrice et adultère, en les réorientant sur un chemin de foi. (La femme pardonnée
Jean 7,53 à, 8,1-11)
-Il s’annonce comme Messie à une femme Samaritaine : (Jean 4,3-42)
-Il annonce sa Résurrection à une femme en premier (Marie Madeleine qui sera chargée de l’annoncer aux apôtres (Jean 20,11-18) déterminant leur rôle de prophète.
La pédagogie de Marie
En la figure de Marie sa mère il oriente la femme vers l’esprit de service « Je suis la servante du Seigneur » mais aussi initiatrice.
Marie très aimée de toi aussi Yasmine, est la première pour moi à comprendre le juste rôle de la femme.
L’incarnation de Jésus, de Dieu en Jésus, s’accomplit sans le concours masculin : le Salut est œuvre de Dieu par l’Esprit Saint (Jean, 4,24). Secondairement humain, car Dieu se fait homme en Jésus par Marie. Ce mystère, cette œuvre de Dieu se révèle dès sa conception Luc, 1,26 -38)
Être sauvé c’est pouvoir dire : » Ce n’est plus moi qui vis, c’est Dieu qui vit en moi » (Ga, 2,20). Marie est l’icône de la maternité, humaine et divine. la maternité, fait de toutes les femmes des icônes de la façon dont Dieu sauve le monde !
Ainsi, apparaît un chemin de don, de transmission de la vie sous toutes ces formes, immanente à la femme : elle forme en elle, elle remet au monde (accouchement), elle nourrit, protège, éduque et envoie dans la société celui ou celle qui grandit.
D’un rôle spirituel à un rôle sociétal
Implications trop souvent reléguées à la sphère privée. Le féminisme a trop souvent scindé les deux rôles, en fait confondus. S’il est indéniable que la société trouve son équilibre par les contributions féminines dans tous les domaines, il y a surtout urgence à retrouver cette présence, cette contemplation, cette image de l’humanité dans sa relation à Dieu sauveur. Dans la sphère privée comme dans la sphère publique cette image se manifeste par une estime, pour se comprendre soi-même, par un respect de l’homme pour la femme, et vice versa, et non dans la compétitivité, la réclamation d’une soi-disant égalité.
De ces multiples exemples les chrétiens gardent le devoir de considérer la place de la femme comme écoutante, prophète, servante, initiatrice, (dans l’éducation, le service aux personnes, l’enseignement, la recherche, les sciences, etc) et d’utiliser toutes ses facultés propres pour apporter sa contribution à sa famille et à la société.
Un discours qui se télescope avec les faits, car force est de constater, que le féminisme joue parfois un rôle ambigu…. Il existe bien encore, des difficultés à se positionner !
Ce n’est sans doute, ni dans l’affrontement ni dans la soumission de la culture ou de la religion, de la société ou des idées, que se joue la juste place de la femme.
Tout l’enjeu du féminisme, Yasmine, n’est il pas de relever ce défi.